Jonathan (N’oubliez pas les paroles) : « Mon objectif dans l’émission n’est pas forcément de rentrer dans les Masters, mais… »

PHỎNG VẤN – Jonathan (Don't Forget the Lyrics): "Mục tiêu của tôi trong chương trình không nhất thiết là lọt vào giải Masters, nhưng…"

Valentin Delepaul : Vous avez dépassé le cap symbolique des 100 000 euros dans N’oubliez pas les paroles sur France 2 avec un total de 134 000 euros en 16 victoires. Que ressentez-vous ?

Jonathan : Beaucoup de satisfaction forcément, parce que je sais que j’ai donné le maximum pour aller le plus loin possible dans le jeu. J’avais à cœur que cette aventure soit une expérience formidable. Et ce cap-là me permet justement d’avoir cette expérience et d’être pleinement satisfait de ce que j’ai accompli. Mais 100 000 euros, ce n’était pas vraiment l’objectif. C’était un peu la cerise sur le gâteau. Ce que je voulais, c’était surtout prendre le micro d’argent, puis aller le plus loin possible, sans idée de gain ou d’objectif particulier, mais juste m’amuser et kiffer le plus longtemps possible. Et là, 100 000 euros, quand on ajoute ça au plaisir vécu sur le plateau, c’est incroyable.

Vous connaissez près de 1 300 chansons, dont 800 par cœur. Comment avez-vous révisé ?

Je connais 1 300 chansons à l’oreille, que j’ai déjà pas mal maîtrisées, et 800 chansons par cœur sur lesquels je me suis vraiment penché. Même si, au fond, on ne maîtrise jamais complètement une chanson, on peut toujours se tromper. Je me suis appliqué à créer des classeurs de paroles pour avoir mon encyclopédie personnelle de paroles des chansons qui passent dans l’émission. À partir de là, je me suis mis à en réviser certaines, un peu au hasard. Ensuite, je me suis appliqué à mettre en place un planning de révisions avec des cahiers et des tableaux Excel, en organisant un petit programme quotidien. En revanche, je n’ai jamais eu d’impératif. Il y a eu des périodes où je révisais tous les jours, puis il m’est aussi arrivé de ne pas réviser pendant six mois. Là où ça s’est vraiment intensifié, c’est quand j’ai su que j’allais participer à l’émission. À ce moment-là, j’y ai consacré du temps chaque jour pour essayer d’assurer ma place et ne surtout pas avoir de regrets sur le plateau, donc je me suis donné les moyens au maximum quand j’ai appris que j’étais sélectionné.

« J’ai été persévérant et ça a fini par payer »

Vous aviez passé 17 fois les sélections de N’oubliez pas les paroles sans jamais être pris. Selon vous, qu’est-ce qui a fait la différence cette fois-ci ?

Pour mes premières sélections, entre 2014 et 2020, je pense que c’était vraiment un problème de voix. Je ne suis pas chanteur à la base, je ne suis pas musicien non plus, je n’ai pas de technique vocale. Je suis juste un joueur. J’adore les jeux télé, j’adore m’amuser, j’adore la chanson française. Mon objectif, c’était simplement d’aller sur le plateau pour profiter, m’amuser et jouer. Je pense donc que c’est ce qui a pêché au début. J’ai quand même pris quelques cours de chant pendant un an pour essayer de progresser un peu plus. Après, pour les derniers castings ratés, c’était peut-être davantage une question de profil. Dans l’émission, il faut que les profils soient variés : des personnes jeunes, moins jeunes, des hommes, des femmes, des gens du Sud, du Nord, du Centre, des personnes avec différents métiers… Enfin, j’ai été sélectionné parce que c’était sûrement ma chance à ce moment-là et il fallait que j’y aille. En tout cas, c’est comme ça que je le ressens. Je n’ai pas lâché, j’ai été persévérant et ça a fini par payer.

Des anciens maestros vous ont-ils donné des conseils pour l’émission ?

Non, je n’ai pas forcément eu de conseils d’anciens grands maestros. J’ai surtout eu des conseils de ma compagne, Emmanuelle, qui a elle-même été maestro en 2023 avec 8 victoires et 26 000 euros. C’est une maestro impressionnante. Elle avait notamment de très grandes connaissances sur « La même chanson », elle était presque imprenable. Elle avait enchaîné les clochettes dans l’émission et faisait peur à tout le monde. Malheureusement, elle a bafouillé, et elle a perdu. Elle a été extrêmement riche en conseils et précieuse pour me dire comment me comporter sur le plateau ou ce qu’il ne fallait pas faire. Cela m’a permis d’arriver détendu, pas stressé et très à l’aise pour pouvoir chanter mes chansons et m’amuser.

« Nagui a été une source d’inspiration pour moi (…) on a eu une connexion assez directe »

Lors de vos révisions, quel rôle a joué Emmanuelle, votre compagne, que vous avez rencontrée grâce à l’émission où elle a été maestro ?

Elle a beaucoup joué le rôle de Cruella. Elle m’a énormément aidé à me mettre en condition pour « La même chanson », à m’aiguiller… Par exemple, j’ai eu « L’important c’est d’aimer » de Pascal Obispo et c’était l’une des chansons dont on avait un peu deviné qu’elle pourrait tomber. Elle a été de très bons conseils et a eu de bons instincts sur de nombreuses choses. Mais surtout, elle m’a permis de me détendre et de m’amuser parce qu’elle a toujours été présente et dans une excellente énergie, que ce soit pendant les révisions ou non. Comme on partage énormément de choses autour de la chanson française, l’idée était vraiment de profiter à fond. Elle a toujours été là, même lors des castings que j’ai ratés. Elle a donc toujours été une formidable source de motivation.

Comment définiriez-vous votre relation avec Nagui ?

Très bienveillante, mais surtout très joueuse. C’est aussi ce que j’attendais de Nagui. Je sais que c’est quelqu’un qui est assez taquin avec les candidats, qui aime avoir du répondant, qui aime parfois piquer au vif, sortir des blagues… Je suis un peu pareil. Vu que j’ai été animateur radio et suis aujourd’hui animateur de jeux, Nagui a été une source d’inspiration pour moi à titre professionnel. Quand je l’ai rencontré sur le plateau, on a eu une connexion assez directe. J’ai été très à l’aise et je trouve qu’on forme un petit duo sur certains moments de l’émission qui fonctionne plutôt bien. C’est vraiment ce que j’étais venu chercher aussi. Il a été très cool, de bons conseils. Il m’a dit plein de petits mots entre les émissions, assez sympathiques pour que ce soit un bon moment à vivre et que je sois encore plus détendu que je ne l’étais.

« N’oubliez pas les paroles a toujours fait partie de ma vie »

Vous êtes fan de l’émission, au point d’avoir failli sortir un documentaire autour de la communauté N’oubliez pas les paroles . D’où vous vient cette passion pour ce jeu ?

Je regarde l’émission depuis le début. J’ai toujours aimé la musique et la chanson française depuis tout petit. J’ai été bercé par Renaud et les compilations des années 80. J’ai toujours beaucoup écouté de musique quand j’étais gamin. J’adore les jeux de mémoire, j’adore retrouver des choses, j’adore la chanson. Donc là, ça réunissait absolument tout ce que j’aimais. Je me suis dit qu’un jour, ce jeu serait fait pour moi. Au fil du temps, l’émission a toujours fait partie de ma vie. Je me rappelle notamment que, pour certains Noëls, je préparais des N’oubliez pas les paroles pour ma famille. On jouait toute l’après-midi et ma famille participait pendant que moi, j’endossais un peu le rôle de Nagui. J’ai toujours eu cet espoir de participer un jour à l’émission et de tenter ma chance coûte que coûte jusqu’à y arriver.

Ce documentaire va-t-il finir par voir le jour ?

Malheureusement, je ne pense pas. En tout cas, pas en l’état. J’ai fait un tour de France durant tout le mois d’août 2021 avec ma caméra. Je suis allé dormir chez l’habitant, chez des membres de la communauté N’oubliez pas les paroles , afin de réaliser ce documentaire dont j’avais eu l’idée. J’avais découvert, en traînant sur les réseaux sociaux, à quel point cette communauté était vaste, importante et impressionnante, notamment par la diversité des motivations de ses membres. J’ai donc eu cette idée de documentaire. Je suis rentré chez moi avec quand même 30 heures de rushs, je me suis retrouvé face à une montagne de montage et surtout un peu seul. Dans le même temps, le projet a commencé à prendre de l’ampleur parce que j’avais eu une discussion avec le patron d’un cinéma local qui m’avait dit : « Dès que ton documentaire sort, je te le diffuse dans mon cinéma ». Le fait d’avoir cette pression supplémentaire, combinée au manque de temps, parce qu’à côté, il fallait quand même que je gagne ma vie, a fait que le documentaire est resté un peu de côté.

« Cet argent tombe un peu du ciel »

Votre prochain objectif est-il de rentrer dans les Masters ?

Mon objectif dans l’émission n’est pas forcément de rentrer dans les Masters, mais plutôt de durer le plus longtemps possible. C’est de faire un maximum de victoires, pas forcément un maximum de gains… Les Masters, c’est tellement le Graal. C’est un cercle très fermé de 32 personnes qui sont les meilleures de France que je n’aurais jamais eu la prétention, sur le plateau, de dire : « Je vais rentrer dans les Masters ».

Vous êtes animateur événementiel et podcasteur. Votre participation à N’oubliez pas les paroles va-t-elle booster vos podcasts ?

Ce n’était pas l’objectif initial, mais si ça peut les booster, tant mieux. J’ai vu qu’il y avait de plus en plus de nouvelles personnes qui me suivaient sur mes différentes pages : « Jod Anim », la page de mon entreprise, et « Jonathan Jod », où je publie davantage de contenus personnels, notamment des vidéos de blind tests pour les réseaux. Si cela booste mes réseaux, cela me permettra, peut-être, d’augmenter le nombre de personnes intéressées par mes animations dans les bars, ou le nombre d’associations et d’entreprises qui me contacteront pour organiser leurs quiz, leurs blind tests, ou encore pour la réalisation de leurs podcasts ou de leurs vidéos.

Quels sont vos projets avec l’argent remporté grâce à N’oubliez pas les paroles ?

Le premier projet sera un voyage en Polynésie française. C’est ce qu’on s’était promis avec ma compagne, même s’il n’y avait pas eu l’argent remporté grâce au jeu. De manière plus terre à terre, il y aura aussi un changement de voiture dans pas longtemps. Après, honnêtement, je ne sais pas encore. Cet argent tombe un peu du ciel et je ne m’y attendais pas, donc il faut que je prenne le temps de réfléchir à ce que je vais en faire.

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