INTERVIEW – Ariane, vainqueur du tour préliminaire des Masters de N’oubliez pas les paroles : « Je ne me voyais même pas passer le premier tour »

Valentin Delepaul : Que ressentez-vous après cette qualification pour les Masters de N’oubliez pas les paroles suite à votre victoire face à Catherine dans ce tour préliminaire ?
Ariane : C’est un mélange de plein d’émotions positives. Il y a de la fierté, car je ne me voyais même pas passer le premier tour face à Nelly, qui est très forte. Il y a aussi du soulagement, d’avoir pu profiter un peu du plateau, c’était très chouette. Mais il y a toujours un petit pincement au cœur quand on élimine quelqu’un, car l’ambiance était vraiment très bonne. On a tissé des liens très particuliers. Gagner un match, ça veut aussi dire éliminer définitivement quelqu’un, puisque c’était notre seule opportunité de revenir sur le plateau. Quand j’ai vu l’émotion de Catherine en finale, j’étais très heureuse pour moi, mais aussi un peu triste pour elle.
Vous avez affronté Nelly, qui avait battu Benoît, le plus grand maestro du jeu, puis Cindy et enfin Catherine en finale. Dans quel état d’esprit étiez-vous avant chaque match ?
J’étais très sereine. Quelle que soit l’issue du match, je savais que je serais heureuse. Soit je gagnais et je pouvais continuer l’aventure, soit c’était quelqu’un que j’appréciais et pour qui j’avais beaucoup d’admiration qui remportait le duel. J’ai vraiment très bien vécu cette journée de tournage. Je n’étais pas stressée et j’ai beaucoup plus profité du plateau que pendant mon parcours initial.
« Je n’étais pas stressée »
Pourquoi avoir davantage profité du plateau cette fois-ci ?
Il y avait moins de stress, car on sait déjà qu’on en est capable. Mon parcours initial date de novembre 2024, et c’était ma première expérience télé. Forcément, il y avait la peur de l’inconnu : on ne sait pas si on va marquer un point, ni comment on va se débrouiller. Là, on connaissait les lieux, on avait déjà interagi avec Nagui, et on savait à quoi s’attendre. Avec les autres candidats, on avait aussi échangé un peu pendant l’été, donc on connaissait même nos adversaires. Cela enlève une énorme pression avant de commencer.
Votre parcours initial remonte à l’époque de l’ancien plateau. Le nouveau décor vous a-t-il déstabilisée ?
Ce changement de décor ne m’a pas déstabilisée, car la configuration reste globalement la même. Mais je le trouve beaucoup plus beau ! C’était impressionnant de le découvrir en vrai, après l’avoir vu à la télévision pendant le parcours de Benoît. J’ai trouvé ça très chouette aussi qu’ils aient enlevé les marches sur lesquelles on risquait facilement de se tordre la cheville.
« J’ai ressenti le besoin de faire une pause »
Comment vous êtes-vous préparée pour ce tour préliminaire des Masters ?
J’ai surtout rafraîchi mes connaissances. Après mon parcours initial, j’ai ressenti le besoin de faire une pause. Je ne me sentais pas capable de repartir tout de suite dans les révisions. J’ai arrêté pendant environ six mois, mais on oublie vite ! Ensuite, j’ai essayé de tout remettre en place. J’ai appris peu de nouvelles chansons, je me suis surtout concentrée sur celles que je connaissais déjà, et sur « les mêmes chansons ».
Quelle était l’ambiance entre les maestros de ce tour préliminaire ?
On avait un peu échangé par message pendant l’été. On s’encourageait mutuellement et on avait tous hâte de revenir sur le plateau. La veille du tournage, on a dîné tous ensemble et beaucoup échangé sur nos parcours et nos ressentis. Cela a créé instantanément des liens très forts et beaucoup de bienveillance. On avait vraiment l’impression de partir en colonie de vacances.
Avez-vous échangé avec les plus grands maestros du classement ?
J’ai un peu discuté avec Coline et Laurens sur les réseaux sociaux. Il avait vu mon parcours et m’avait dit que j’avais du potentiel. Il pensait que j’aurais dû aller plus loin et m’a encouragée à continuer à m’entraîner. Mais je ne le connais pas personnellement.
« Nagui a été très positif et bienveillant »
Que vous a dit Nagui après votre victoire ?
Il était très content pour moi. Il m’a vraiment félicitée et m’a encouragée à ne rien lâcher pour les Masters, car le niveau est très élevé. Il a été très positif et bienveillant.
Participer aux Masters, est-ce un rêve qui se réalise ?
Je ne l’avais pas envisagé. Peut-être qu’au fond de moi j’en avais envie, mais je n’y croyais pas. J’étais déjà heureuse de participer au tournoi préliminaire. Je ne pensais pas réussir à me faufiler jusqu’à la qualification. Pour moi, c’était impensable, donc ce n’était même pas un rêve, puisque je le jugeais impossible.
Dans quel état d’esprit êtes-vous avant cette nouvelle compétition ?
Je ne suis toujours pas stressée. Je suis déjà allée plus loin que ce que j’espérais. Pour moi, maintenant, ce n’est que du bonus et de la joie. Je compte bien profiter du plateau le plus longtemps possible et faire connaissance avec les maestros, ce sera sympa aussi.
« Je ne pensais pas réussir à me faufiler jusqu’à la qualification (…) Maintenant, ce n’est que du bonus et de la joie »
Vous aviez révisé plus de 1 100 chansons, mais vous aviez été éliminée après seulement six victoires, malgré un joli gain de 63 000 euros. Avez-vous des regrets concernant cette élimination ?
J’en ai eu sur le moment, car j’ai perdu sur une chanson que j’aimais : « La Javanaise ». Il y a toujours un goût amer, surtout quand on aime la chanson. On se rend compte qu’aimer une chanson et être capable de la réciter sans faute, sans inversion, c’est très différent. C’est vraiment un exercice de récitation pure, sans place pour l’hésitation. Je m’en suis voulu pendant quelques jours, mais c’est vite passé. J’ai pris conscience de la chance que j’avais eue de participer, d’avoir un si beau parcours et de repartir avec une belle somme d’argent. Et puis, cela reste un jeu. Il y a plus important dans la vie, donc je suis vite redescendue et passée à autre chose.
Avez-vous ressenti de la frustration après avoir révisé autant de chansons pour seulement six émissions ?
Un peu, oui. Gagner plus d’argent n’était pas mon objectif, mais rester sur six victoires, c’était un peu frustrant. Quand on a toutes ces chansons en tête, on a envie de tomber sur celles qu’on aime. Ce n’était pas toujours le cas, mais j’ai pu en chanter d’autres, très chouettes, lors du tour préliminaire.
« Benoît a l’air imperturbable »
À l’approche des Masters, quels grands maestros redoutez-vous le plus ?
Tous ! Ils sont tous très forts et ont chacun leurs points forts. Ce sont les têtes d’affiche, et ils sont redoutables. Parmi les noms qui me viennent à l’esprit : Arsène, Margaux, Renaud, Laurens, Benoît, Étienne et Maureen. Ils ont une culture musicale impressionnante et une excellente gestion du stress pendant « la même chanson », ce qui fait vraiment la différence.
Quel maestro vous a le plus impressionnée dans son parcours ?
Je dirais Benoît. Il a une capacité incroyable à se mettre dans sa bulle pendant « la même chanson ». Il a l’air imperturbable. Et je ne sais pas comment il a fait pour tenir physiquement pendant 111 émissions, car c’est très éprouvant. Ce n’est pas très original, car c’est le numéro 1, mais c’est vraiment lui qui m’a le plus impressionnée.
Qu’avez-vous fait avec vos gains ?
Je n’ai pas tout dépensé. J’ai pris des cours de violon et fait réparer mon violon d’étude, que je n’avais pas touché depuis quinze ans. J’ai aussi pris des cours de chant. Je me suis acheté un peu de matériel photo, et de sport, des livres, des meubles, et j’ai fait un don à une association.
Avec ce nouveau gain, avez-vous d’autres projets ?
En priorité, je veux mettre de l’argent de côté pour devenir propriétaire, car je n’ai pas encore de chez moi. Et j’aimerais aussi écrire, avec ma maman, un livre pour enfants. C’est un projet qu’on a à cœur depuis plusieurs années. On verra s’il est possible de le publier une fois qu’il sera terminé.




